Démarche artistique
Verticalité
Les préoccupations de l’Horizontalité sont d’ordres primaires : l’argent, l’égocentrisme, le paraître, la surconsommation, le matériel, la matière…
La Verticalité elle, ouvre le champ de la spiritualité. Je parle d’une dimension verticale qui est le lien qui unit l’humain à la recherche de sens, avec l’absolu.
Je propose une Verticalité « graphique » dans une perspective qui suggère le changement personnel, les paréidolies présentes revendiquant un nouveau regard, une lecture intime, peut-être celle de nous- mêmes…(?)
Dans cet espace-temps actuel chaotique, je me questionne. Je me connecte à la définition du sens de la vie de l’écrivain Barry Long dans son livre intitulé »Seule meurt la peur »:
“(…) L’homme n’existe sur cette planète que pour communiquer la vie et l’amour (…) Le but de la vie – qui est simplement d’être, d’exprimer l’homme ou la femme qu’ils sont véritablement dans l’instant, affranchis du mental et de ses préoccupations malheureuses. »
Je comprends ici : affranchis de leur Horizontalité.
Pour nous en affranchir, nous avons besoin d’un équilibre entre l’Horizontalité et la Verticalité nous permettant ainsi d’atteindre la Totalité : une plénitude, un état de paix, d’amour et d’harmonie avec tout ce qui nous entoure.
Nous avons donc aussi besoin de la matière. Je questionne alors la Terre, ce réceptacle d’énergie matière, composante de l’Horizontalité qui nous offre de précieux ancrages sur notre chemin. En réponse, elle me montre ses rivières qui sont des vases communicants qui reçoivent et qui donnent, toutes connectées; elles sont les veines de son cœur et nous montrent une direction.
Le poète Khalil Gibran a merveilleusement exprimé leurs parcours et leur dessein dans cet incomparable texte intitulé »La peur » :
“On dit qu’avant d’entrer dans la mer,
une rivière tremble de peur.
Elle regarde en arrière le chemin
qu’elle a parcouru, depuis les sommets,
les montagnes, la longue route sinueuse
qui traverse des forêts et des villages,
et voit devant elle un océan si vaste
qu’y pénétrer ne paraît rien d’autre
que devoir disparaître à jamais.
Mais, il n’y a pas d’autre moyen.
La rivière ne peut pas revenir en arrière.
Personne ne peut revenir en arrière.
Revenir en arrière est impossible dans l’existence.
La rivière a besoin de prendre le risque
et d’entrer dans l’océan.
Ce n’est qu’en entrant dans l’océan
que la peur disparaîtra,
parce que c’est alors seulement
que la rivière saura qu’il ne s’agit pas
de disparaître dans l’océan,
mais de devenir océan.”
Depuis sa lecture, ce magnifique poème m’habite et m’inspire dans l’expérience de « l’expression visuelle » de la Verticalité : la mienne.
Comme la rivière, nous ne pouvons revenir en arrière… Inévitablement, nous devons aller de l’avant. Toutefois, il est peut-être temps, maintenant, d’avancer avec de nouveaux paradigmes qui invitent et incluent les mécanismes de la vie, les lois universelles et la connaissance réelle de soi pour atteindre cet équilibre ; la Totalité.
C’est par ces rivières et leurs complices que je parle de ma quête de sens à la vie; quête de Verticalité.
Chantale Jean


